Intimidade exposta: quando a revitimização torna-se estratégia de defesa

Auteurs

  • Ana Carolina Soares Instituto PróVítima
  • Ednise de Carvalho Rodrigues
  • Gabriela Cristina Gavioli Pinto

DOI :

https://doi.org/10.58725/rivjr.v3i3.168

Mots-clés :

Droits des femmes, Revenge Porn, Intimité féminine, Délégitimation

Résumé

Résumé: Cet article se propose d'analyser de manière critique comment l'exposition de l'intimité féminine est utilisée dans les procès comme une manière de délégitimer la parole des femmes, devenant ainsi une forme de révictimisation. Cette pratique, souvent présentée comme une stratégie de défense, révèle un schéma structurel de violence de genre, où le corps et la vie privée des femmes deviennent des instruments d'attaque et de discrédit.

Une perspective interdisciplinaire a été adoptée, englobant la criminologie, le droit anti-discriminatoire et son articulation avec la Constitution Fédérale de 1988, le Code Pénal, le Code Civil, la Loi Maria da Penha, la Loi Carolina Dieckmann, la Loi nº 13.718/2018, ainsi que des traités internationaux tels que la CEDAW et la Convention de Belém do Pará. Cette analyse comprend également les contributions théoriques d’autrices comme Heleieth Saffioti, Soraia Mendes, Judith Butler, Djamila Ribeiro et Maria Berenice Dias.

Il ressort que l’intimité des femmes est fréquemment exposée de manière inutile devant les tribunaux, que ce soit dans des litiges familiaux (concernant la garde ou le droit de visite des enfants) ou dans des affaires de violence sexuelle. Cette pratique renforce des stéréotypes patriarcaux, transforme les procédures judiciaires en scènes de jugement moral et aggrave les souffrances des victimes, engendrant des dommages psychologiques à long terme comme l’anxiété, la dépression et le trouble de stress post-traumatique.

En conclusion, l’exposition de l’intimité ne constitue pas une simple stratégie procédurale, mais bien une violence symbolique et institutionnelle qui perpétue les inégalités de genre et compromet l’accès des femmes à la justice. Pour y remédier, il est essentiel d’appliquer efficacement les traités internationaux, d’adopter des pratiques de prévention à la révictimisation et de promouvoir une transformation culturelle et éthique du système judiciaire, afin de garantir que les procès deviennent des espaces de respect, d’émancipation et de véritable justice.

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Publiée

2025-12-24

Numéro

Rubrique

Artigos